Dans la Bagavad Gîta, le récit sacré d'un
milliard d'Hindous, Dieu s'adressant au héros, lui parle en ces termes
: "Quand règnent l'irréligion et les vices, je m'incarne
et enseigne aux hommes le Raja Yoga".
De ce fait, le Raja Yoga (littéralement Yoga Royal) a de tout temps
été considéré comme une forme extrêmement élevée
de yoga, accessible seulement à des yogis de très haut niveau.
On doit la codification moderne et l'expansion mondiale de cette forme de yoga à
Dada Lakraj, plus connu sous le nom de Brahma Baba.
Né en 1876 dans une humble famille, fils d'un instituteur de village,
il fut élevé et grandit dans les traditions hindoues et mena
ensuite une vie d'une probité et d'une rectitude exemplaires, dans
le commerce des diamants qui lui assurera une fortune conséquente.
Cette richesse lui permit en parallèle la fréquentation de
grands maîtres spirituels qu'il hébergeait souvent chez lui,
ou à qui il allait rendre visite. Il était également connu
pour ses nombreuses actions philantropiques.
A l'âge de 60 ans, ou nous, occidentaux, envisageons le repos de la retraite,
ce fut pour lui, comme pour beaucoup d'hindous de cet âge, le moment de se consacrer
entièrement à la recherche spirituelle.
Cette quête de la réalisation intérieure
jointe au spectacle des troubles que traversait l'Inde (la lutte pour l'Indépendance,
puis la Partition et les conflits religieux) le décidèrent à entamer
une vaste entreprise de ressourcement du tissu spirituel indien, grâce aux enseignements
millénaires du Raja Yoga. L'intensité de son engagement est telle, qu'elle
le pousse à consacrer l'intégralité de ses possessions à cette
entreprise. Preuve de la profondeur et de l'originalité de ses réflexions,
dans un monde excessivement marqué par l'emprise du pouvoir masculin, il remit
les rennes de l'institution ainsi crée à un collectif de jeunes femmes
suivant son enseignement, voulant affirmer par là que si la spiritualité
avait un avenir, il passerait d'abord par la mise en avant des qualités et valeurs
des valeurs féminines.
60 années ont passé
depuis et Brahma Baba-Dada Lekraj est décédé entre temps en 1969,
à l'âge de 93 ans. Mais le projet issu de sa vision généreuse
continue à se développer en Inde comme ailleurs, entraînant dans son
sillage prés d'un 1/2 million de personnes à l'échelle du globe, au
delà des limites de nationalité, religions, races ou cultures.
A le tête d'une organisation qui regroupe
plus de 3000 centres dans 60 pays, on retrouve les mêmes jeunes filles, désormais
âgées, qui l'accompagnèrent à ses débuts, preuve de la validité
d'un enseignement résistant au temps et aux changements. En dehors des pratiquants,
ce sont des millions de personnes qui assistent aux multiples conférences, retraites,
ateliers, séminaires, programmes organisés par les Centres de Raja Yoga
du monde entier.
Cette vitalité au moment où
une humanité désemparée vacille face à un avenir incertain
et cherche toujours la réponse aux mêmes éternelles questions,
de plus en plus occultées par les excès du matérialisme,
puise sa sève dans les enseignements dispensés par cet homme
unique et dans la source d'inspiration que furent toujours son comportement
et ses actions.
Témoignage vivante de cette vertu d'exemplarité,
les dirigeantes actuelles de l'institution qui furent ses élèves, et sont
désormais des guides spirituels accomplis, ne perdent jamais une occasion de
souligner à quel point leur propre développement spirituel trouva un modèle
de comportement dans l'observation de son existence.
La Tour de la Paix, (photo ci-contre)
où reposent ses cendres est à la fois un lieu de méditation
et le monument dressé à la mémoire de l'esprit d'un homme
ordinaire qui sut atteindre à la grandeur en choisissant de relever
les défis de l'aventure spirituelle et humaine.
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